Centre de recherches juridiques
de l’Université de Franche-Comté

Pierre-Marie Badot, chercheur à Chrono-environnement, à la tête du rapport de l’ANSES confirmant le lien entre nitrites-nitrates et cancer colorectal

C’est un rapport qui a fait du bruit en juillet dernier : le rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) sur l’exposition aux nitrites-nitrates par l’alimentation. Il confirme le lien entre nitrites-nitrates et cancer du côlon. Pierre-Marie Badot, professeur à l’université de Franche-Comté et chercheur à Chrono-environnement, a co-présidé le groupe de 13 experts mis en place par l’Anses.

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Comme d’autres enseignants-chercheurs, Pierre-Marie Badot cumule différentes missions. Le professeur à l’université de Franche-Comté et chercheur à Chrono-environnement enfile depuis une vingtaine d’années sa casquette d’expert auprès de différentes agences, et plus particulièrement auprès de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire). « Au cours d’une carrière universitaire on a beaucoup d’autres activités, note l’ancien vice-président de l’université. Nous faisons la promotion de la recherche et nous participons régulièrement à des activités d’expertise ».

Lorsque l’ANSES lance en 2021 un appel candidature pour un groupe de travail sur les nitrites/nitrates, Pierre-Marie Badot est naturellement sollicité. « Les nitrites/nitrates sont un sujet sur lequel j’ai beaucoup travaillé en matière d’écologie. Il se trouve aussi que je suis éco-toxicologue, je m’intéresse aux dangers et aux risques des différentes substances chimiques, explique le chercheur. Je suis également amené à travailler sur les nitrites et nitrates dans le cadre d’un contrat de Chrono-environnement sur la qualité des eaux des rivières karstiques ». C’est donc fort de son expérience et de son expertise que Pierre-Marie Badot en est arrivé à co-présider ce groupe de travail.

De janvier 2021 à juin 2022, l’équipe de 13 experts épidémiologistes, spécialistes de l’alimentation, ou encore microbiologistes, a passé en revue et analysé l’ensemble des données et informations scientifiques disponibles sur ce sujet. Ce travail a donné lieu à la production d’un rapport d’expertise assorti d’un avis, qui ont été rendus publics le 12 juillet 2022.

Qu’est-ce que les nitrates et les nitrites ?

Les nitrates et nitrites sont des ions. « Ce sont des produits finaux, issus de la dégradation des substances azotées émises dans l’environnement, comme les protéines qui constituent une partie de notre alimentation » développe Pierre-Marie Badot.  Les molécules de nitrates constituent des nutriments essentiels pour la végétation et les micro-organismes. « Il peut y avoir des excès de nitrates qui peuvent perturber le fonctionnement d’un sol ou d’un cours d’eau » note le chercheur.

Dans le cadre du rapport, le groupe de travail co-présidé par Pierre-Marie Badot s’est intéressé à la présence de nitrites et nitrates dans la charcuterie et les produits transformés. Depuis de nombreuses années, les nitrites sont utilisés par les industriels pour conserver la viande comme l’explique le chercheur : « Si les transformateurs, industriels et artisans, utilisent des nitrites, c’est parce que ces ions ont un intérêt. Ces molécules permettent de maintenir l’aliment dans un état comestible en évitant le développement de micro-organismes pathogènes ».

  

 

Nous avons acquis au sein du groupe de travail la certitude qu’un excès de nitrites consommé pouvait augmenter l’occurrence de certains cancers et en particulier le cancer du côlon

 

 

Bien qu’ils aient un intérêt pour la conservation de la charcuterie et de la viande transformée, les nitrites et nitrates n’en restent pas moins dangereux pour la santé lorsqu’ils sont absorbés en très grande quantité. 

Nous avons acquis au sein du groupe de travail la certitude qu’un excès de nitrites consommé pouvait augmenter l’occurrence de certains cancers et en particulier le cancer du côlon 

Pour limiter les concentrations et l’exposition aux nitrites, il existe deux voies de progrès. La première est de réduire sa consommation de viande transformée. La seconde est de réduire les concentrations de nitrites dans ces viandes tout en maintenant une sécurité sanitaire suffisante. « La voie est étroite, mais beaucoup d’études montrent que l’on peut réduire, dans une certaine mesure, les quantités. De ce fait nous aurons sans doute des dates de consommation plus réduites.

 

En savoir plus :

Anses – Réduire l’exposition aux nitrites et aux nitrates

Rapport d’expertise